Tant que mon mort est vivant, il va de mon corps au mien. Puis quand mon mort meurt je m'enroule comme ça autour de moi. Mon mort n'est pas n'importe quel mort. Je ne suis pas télévisuel il n'est pas informatique, non, mon mort est téléphonique et c'est mon oreille qui la première apprend mon existence. Des fois, parce qu'on me voit mieux et surtout parce qu'il est moins lourd comme ça, je tends mon mort. Je le lance et je m’agrippe à n’importe quoi, un objet, un lieu... C'est plus facile si ça a le même-nom-même-âge-même-visage-même-goûts que moi car les point commun deviennent mes points d'accroches.

Mais cela n'est pas obligatoire. Par exemple aujourd'hui devant moi il y a une table, et je peux très bien tendre mon mort à la table.

Tant que mon mort est vivant il y a des morts qui vont de mon corps à d'autres. Ce ne sont pas mon mort ils ont le même-nom-même-âge-même-visage- même-goûts que moi mais ils sont enroulés autour d'autres corps que moi. Lui par exemple c'est sont mort à elle.

Voilas qu'ils arrivent, Elle et lui, et qu'elle tend aussi son mort à la même table que moi et moi. La table se transforme nous mets en résonance , nous relie grâce à ces morts similaires.

Tant que mon mort est vivant il y a des morts qui vont de corps que je ne connais pas à d'autres corps étrangers, des morts complémentent différents.

Et un porteur d'un de ces morts pourrait également venir autour de la table pour tendre son mort. La table changerait encore. Elle deviendrait un monument.



Sur la nappe qui la recouvre, on a alterné sur le contour les fruits de l’olivier avec ses feuilles. Ça fait comme ça : un rameau, une olive, un rameau, une olive, un rameau, une olive. Et au milieu, sur fond de rouge et d'or, il y a une cigale au repos.